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Le rouge vif de la rhubarbe par Audur Ava Olafsdottir



Résumé de l'éditeur
Souvent aux beaux jours, Ágústína grimpe sur les hauteurs du village pour s’allonger dans le carré de rhubarbe sauvage, à méditer sur Dieu, la beauté des nombres, le chaos du monde et ses jambes de coton. C’est là, dit-on, qu’elle fut conçue, avant d’être confiée aux bons soins de la chère Nína, experte en confiture de rhubarbe, boudin de mouton et autres délices. Singulière, arrogante et tendre, Ágústína ignore avec une dignité de chat les contingences de la vie, collectionne les lettres de sa mère partie aux antipodes à la poursuite des oiseaux migrateurs, chante en solo dans un groupe de rock et se découvre ange ou sirène sous le regard amoureux de Salómon. Mais Ágústína fomente elle aussi un grand voyage : l’ascension de la « Montagne », huit cent quarante-quatre mètres dont elle compte bien venir à bout, armée de ses béquilles, pour enfin contempler le monde, vu d’en haut…


Le rouge vif de la rhubarbe est un coup de cœur, je vous le dis tout de suite. Ce petit roman est tout en poésie et en contemplation. Une perle !


Ágústína est une adolescente pleine de rêves et de fantaisie qui vit sur une île nordique, un espace propice à la réflexion, un espace où la grandeur des paysages lui permet de s'évader. Malgré ses jambes incapables de supporter son poids, elle veut faire l'ascension de la montagne. 

Le rouge vif de la rhubarbe est un roman qu'il faut lire doucement, un livre qu'il faut déguster. Les mots sont choisis un par un, avec soin et douceur - et cela se ressent. Je ralentis alors ma lecture, mais les phrases s'enchaînent, inlassablement, et bientôt arrive la fin. Pendant quelques instants, j'ai rêvé avec Ágústína, j'ai goûté le parfum acidulé de la rhubarbe. 

Il est l'heure d'effectuer un dernier survol de la zone par la pensée. Elle décolle lentement, comme un hélicoptère de sauvetage à la recherche d'une fillette perdue sur la côte. Le pilote se penche hors de l'appareil et crie dans son porte-voix : "A table, Ágústína ! du poisson-loup à la poêle et de la compote de rhubarbe à la crème fouettée en dessert !"

Le texte est entrecoupé de lettres, ou plutôt de petits mots, venus de sa mère, cette femme lointaine qui vit refais sa vie dans des paysages exotiques. Ces lignes, venus d'un ailleurs, d'un autre monde, n'entre pas en résonance avec les rêveries de l'enfant. Elles restent éloignées et trahissent, tout en subtilité et douceur, le manque d'une figure maternelle. Ses origines l'intriguent et plusieurs fois elle demande le récit de la rencontre fugitive de ses parents ou celui de sa naissance. 

L'écriture est magnifique et la traduction, pour une fois, ne donne pas l'impression d'avoir trahis le texte. Au contraire, j'ai le sentiment que le changement de langue n'a rien enlevé, que ce roman aurait pu naître en français dès le départ. Tout en douceur et en poésie, les situations sont celles du quotidien, entre la saison des rhubarbes et celle du boudin. Les saisons passent et la vie suit son cours en toute simplicité. L'écriture est à l'image de ces situations, simple et magnifique. Elle nous fait rêver et d'un coup la rêverie du personnage devient réalité.

Un soupçon de mélancolie, une pincée de rêverie, un paysage onirique entre terre et mer. Une lecture reposante...


Ce roman, c'est de la poésie, de la douceur, des couleurs et des sensations.



Septembre 2016
Traduit de l’islandais par Catherine Eyjólfsson
160 pages
17,50 €/ 12,99 € ebook
ISBN 9782843047565

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